Entre le projet d'Eurocode élaboré par un groupe de projet, et sa publication finale en norme européenne EN, le chemin que doit parcourir un Eurocode est particulièrement laborieux. Ce parcours complexe selon les règles "administratives" du CEN est bien compréhensible, si l'on veut obtenir une norme acceptable dans toute l'Union européenne, par des pays qui possèdent des systèmes de normes expérimentés depuis des années, dans des environnements économiques et sociaux fort divers.
Une partie de cette longue marche est déjà accomplie, puisque depuis 2000, TOUTES les parties d'Eurocodes ont atteint le stade d'ENV. Ces Eurocodes ENV sont donc disponibles pour une période expérimentale de 3 ans, auprès des instituts nationaux (le NBN en Belgique), en principe avec le document d'application national (DAN) nécessaire à leur application dans un pays donné. Ce DAN fixe notamment les "boxed values" ou valeurs de certains paramètres laissés à l'appréciation nationale. Le processus d'obtention des ENV et des DAN est donc devenu sans objet pour les Eurocodes.
Le schéma ci-après reprend les principales étapes de ce processus :
Le processus de passage des ENV (prénormes)
aux EN (normes européennes)
Rien d'étonnant dès lors que près de 4 années soient nécessaires pour qu'une ENV soit transformée en EN
En outre, certaines conditions extérieures
compliquent encore ce processus :
Par exemple :
Or, toutes les normes n'arrivent pas au stade EN au même moment, si bien qu'un grand nombre de références risquent de ne plus être d'actualité au moment où l'Eurocode devient disponible ou inversement.
La solution utilisée est souvent de renvoyer globalement vers
un Eurocode EN, mais sans indiquer le paragraphe ou la page. La procédure
d'élaboration des normes en est évidemment plus simple,
mais leur convivialité en souffre.
Les règles du CEN sont strictes : les Annexes Nationales n'ont qu'une valeur informative, même pour les Eurocodes.
Cela signifie que les coefficients de sécurité définis dans les Annexes Nationales sous forme de paramètres déterminés nationalement (NDP), n'auraient aussi qu'un caractère informatif, ce qui est évidemment impensable.
Pour donner un caractère normatif aux coefficients de sécurité,
la Belgique devra donc publier l'Annexe Nationale
deux fois : une première comme annexe de l'Eurocode EN (informative)
et une seconde comme norme nationale séparée. Et ce malgré
que la Belgique, en bon élève de la classe européenne,
suivra sans doute les valeurs des NDP recommandées dans l'EN (valeur
simple ou valeur soulignée quand l'Eurocode propose une fourchette
de valeurs).
Le tableau 'Les Eurocodes : le suivi belge' donne un aperçu général des différentes parties d'Eurocodes pour lesquelles le CEN a reçu un mandat de la Commission européenne. Les Eurocodes comportaient 60 tomes ou parties au stade ENV, et en comporteront environ autant ou un peu moins (57) au stade EN.
La numérotation définitive de certaines parties d'Eurocodes au stade d'EN diffère légèrement de celle de l'ENV; voir tableau de correspondance.
En outre, la numérotation des Eurocodes subira probablement encore des modifications, déjà annoncées pour les mois à venir (voir rubrique "Nouveautés sur les Eurocodes" ou le tableau "Le programme européen") :
Voir aussi sur le site du CEN : tableau "EN Eurocodes - status of development".
Outre les parties énumérées dans le tableau, il a été question, ces dernières années, de compléter les Eurocodes par d'autres parties supplémentaires :
Ces parties sont actuellement en cours d'élaboration à l'ISO
(l'équivalent du CEN, mais au niveau international). La stratégie
du CEN à cet égard sera définie au cas par cas selon le
protocole d'accord CEN-ISO appelé "convention de Vienne".
Ainsi, la décision a déjà été prise d'intégrer
aux Eurocodes la norme sur le gel, achevée par l'ISO en 2001.